Critique musicale
Metric – Fantasies
2009, Metric tombe dans l’oeil de Musique Plus avec leur album Fantasies. Ils sont sur toutes les lèvres des journalistes qui encensent littéralement le groupe. C’est dans cette atmosphère d’effervenscence métrique que je m’étais décidé à acheter leur album et voir de quoi il en retournait. Comme quoi les campagnes marketings sont efficaces.
Premières impressions
Tout d’abord, j’ai été déçu d’apprendre que Metric avait ajouté un côté vedge simili-progressif à leur musique électro-rock-pop. De bons riffs entrainant: de quoi vous faire groover de la tête ou du pied, mais sans vous faire carrément danser. Une voix différente, un son presqu’unique, une atmosphère qui se distingue, excellente qualité sonore et une structure résoluement pop. Quelque chose de bon, mais pas d’exceptionnel. Déçu de n’avoir pas trouver le son si original décrit par les critiques, je laisse tomber l’album aux oubliettes. C’est en mars 2011 que je me convainc de réécouter l’album et de faire l’effort critique qu’il mérite.
Impressions maturées
J’en suis maintenant à ma ~10e écoute de l’album et je peux dire qu’il n’y a rien de fondamentalement exceptionnel dans cet album. Bien qu’il s’écoute sans problèmes. Parce que sans vraiment s’en rendre compte, on tombe en semi-transe en l’écoutant. Qu’on le veuille ou non, on bat la mesure. On embarque volontier dans cette musique douce et entrainante. Une belle écoute quand on est en auto sur l’autoroute, la nuit. Pour les jours de presque tristesse, c’est idéal.
Le bémol de l’album – certains diront que c’est exactement ce qui fait le charme de Metric, je leur répondrai que je ne suis pas charmé – Emily Haines et sa voix de fille engourdie par l’opium qui regarde le vide: ne ressentant rien d’autre que le néant. Pendant que la chanson monte en intensité et tend vers un peak, Haines nous rappelle que non: l’intensité n’est pas Metric. On reste plus ou moins sur la même longueur d’onde tout au long de la chanson. Encore une fois, pas de réelle progression. Le simili-progressif de leurs chansons est mal exploité. Il s’est plutôt affirmé en répétition non-évolutive qu’en réelle progression. Une répétitive répétition répétant toujours les 2 mêmes parties réparties aléatoirement pendant un peu moins de 5 minutes. Un texte qui tourne en rond, c’est long. Idem pour une chanson. Si vous voulez en faire une de 5 minutes, vous devez faire la faire évoluer.
Plus j’écoute le groupe et plus il m’évoque une jeune fille hipster (rien de péjoratif ici) qui se fait balloter par les événements sans se laisser atteindre. Une image très contemporaine d’une certaine partie de ma génération. Elle se laisse envelopper par la carapace molle de l’indifférence et de la non-action, préférant laisser couler plutôt que de s’affirmer, affronter et faire changer les choses. Même dans les chansons un peu plus “méchante”. On voit l’intention, mais toujours cette “vedgeté” dans la voix. Une fille cute, inoffensive et gentille, mais qui veut révolutionner le monde; Plutôt qui veut que le monde se révolutionne sans qu’elle ait à bouger. Maîtresse de son univers, elle voudrait étendre sa conception du monde à tous, sans forcer qui que ce soit, se disant que c’est par ce libre choix qu’ils se convertieront. Elle sort de sa coquille le temps de lancer son idée, mais y retourne la seconde d’après de peur de devoir défendre sa position. Préférant se décrire comme une fille incomprise plutôt que d’expliquer son point de vue. (Quand je parlais d’un texte qui se répète…) Je tiens à rappeler que je parle de ce que l’album m’évoque… Juste au cas où.
Bref, un bon album. Mais pas l’album du siècle qu’on nous décrivait dans les médias. Quelle surprise!
Coup de coeur de l’album
Petit coup de coeur pour Stadium Love, la dernière de l’album où, pour la première fois, le groupe semble sortir de son apathie pour dire quelque chose. Une chanson qui, comme Help, I’m Alive, parle de la vie et de la difficulté qu’elle peut représenter, mais d’une façon plus combative et légèrement cynique.


